22.01.2008

Contre Base Elèves: la pétition en ligne

NOS ENFANTS SONT FICHÉS, ON NE S’EN FICHE PAS !

LES SIGNATAIRES DE CETTE PÉTITION NATIONALE RÉCLAMENT LA SUPPRESSION IMMÉDIATE DE BASE ELEVES

Bientôt, tous les enfants en âge d’être scolarisés qui résident en France seront fichés dans le système Base élèves 1er degré. Elaboré en l’absence de tout débat démocratique sur sa finalité, son fonctionnement, ses possibilités de croisement avec d’autres fichiers (police, justice,…), il est en voie de généralisation sur tout le territoire, après une simple déclaration à la Cnil le 24 décembre 2004. Sa mise en place rencontre de fortes oppositions de la part de parents d’élèves – mais nombre d’entre eux ignorent jusqu’à son existence –, d’enseignants, d’associations et d’élus. Des conseils municipaux se sont prononcés contre ce fichage, des parents le refusent, des directeurs d’école sont opposés ou réticents (ils sont alors soumis à de fortes pressions de leur hiérarchie)… mais rien ne semble pouvoir arrêter une administration qui minimise les dangers du système.

Des informations sur les enfants et leurs familles qui, jusqu’à présent, ne sortaient pas de l’école, deviennent partiellement accessibles aux maires, et remontent jusqu’à l’échelon académique, et même au niveau national avec un identifiant (la liste des informations se trouve en Annexe). Ces données transitent via Internet. Personne n’a oublié le scandale de juin 2007 qui a mis en évidence l’absence de sécurisation – tout un chacun pouvant avoir accès aux données personnelles des enfants et de leurs familles.

La plupart des données individuelles nominatives seront conservées quinze ans. La finalité affichée du traitement est d’« apporter une aide à la gestion locale des élèves, assurer un suivi statistique des effectifs d’élèves et permettre un pilotage pédagogique et un suivi des parcours scolaires ».

Mais dans la mesure où il va ficher tous les enfants – y compris ceux qui sont scolarisés dans leur famille – l’une des utilisations vraisemblables de ce système se trouve dans la Loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007. Cette loi place le maire « au centre de la politique de prévention » avec de nouveaux pouvoirs, en le faisant notamment bénéficier de la notion de « secret partagé » avec différents acteurs sociaux. Les enseignants sont associés à ce dispositif de contrôle social : l’article 12 de la loi modifie le Code de l’Education en précisant que les établissements scolaires « participent à la prévention de la délinquance ». Base élèves se situe donc dans la droite ligne du rapport Benisti qui, pour prévenir « les comportements déviants », préconise la détection précoce des troubles comportementaux infantiles dès la crèche…

Sous la pression d’un mouvement de protestation de parents d’élèves, d’enseignants et d’organisations de défense des droits de l’Homme, le ministère a annoncé le 5 octobre 2007 la suppression des champs relatifs à la nationalité (Annexe note(2)) – tout en maintenant le lieu de naissance.

Pour l’enfant, individu en devenir, toute information sortie de son contexte peut être source de discrimination. Confier autant de données personnelles à une administration qui pourra les faire circuler par Internet et les utiliser à des fins qui ne sont pas précisées, nous semble dépasser ce qui peut légitimement être exigé des familles. L’école doit rester un lieu protégé, un lieu où l’enfant doit pouvoir se développer sans être enfermé dans son passé.

Convaincus que les libertés individuelles sont trop importantes pour être abandonnées au bon vouloir des gouvernements et des administrations, nous demandons la suppression définitive du système Base élèves et des données déjà collectées.

Pétition mise en ligne à l’initiative du CORRESO (Collectif Rennais de Résistance Sociale), le 22/01/2008.

Pour la signature en ligne, c’est ici :

http://petition.bigbrotherawards.eu.org/Signez-la-petitio...

 

Parmi les premiers signataires :

MEIRIEU Philippe(Professeur à l’Université LUMIERE-Lyon 2),

JACQUARD Albert(Professeur d’Université à la retraite),

MONTAGNER Hubert(Professeur des Universités en retraite et ancien directeur de recherche à l’INSERM dans les domaines de la psychophysiologie, du développement, du comportement et des rythmes de l’enfant),

BELLAS CABANE Christine (Pédiatre anthropologue présidente du syndicat national des médecins de PMI),

THOREL Jérôme(Journaliste, Privacy International Big Brother Award),

TESTART Jacques(Directeur de recherche honoraire de l’INSERM),

BENASAYAG Miguel(Philosophe et psychanalyste),

 

08.01.2008

53%

http://fr.youtube.com/watch?v=evl6tqkGBh4

09.11.2007

Visite de Rachida Dati au Parlement de Rennes, siège de la Cour d’Appel


Le quartier est en état de siège. Je ne sais combien de compagnie de CRS. Ceux-ci munis de leur bouclier et gilet anti-émeute. Taser ? Char à eau ?Dire que ce sont des hommes et des femmes du droit qui manifestent, avec, parmi eux, des élus UMP. Pour les premiers, on peut penser qu’ils savent ce qu’ils ne doivent pas faire. Mais  le dispositif « armé » laisse penser que ces troublions, inconscients de l’ordre public, représentent une menace pour la sémillante « Prada »-Garde des Sceaux.

En tout cas : ridicule (envie d’en rire, surtout au niveau des barricades) démonstration de force. Et en même temps significative leçon de bonne gouvernance : ce gouvernement ne sait pas parler et travailler avec des partenaires. Son arrogance dans le discours de la réforme est une injure au sens commun et à tout esprit de négociation.

28.10.2007

sarkostic

http://www.dailymotion.com/video/x201u1_dur-detre-la-fill...

 

Derrière la manipulation,… la manipulation.

Les réactions et déclarations de Rama Yade, du Président tchadien Déby, de l’ambassadeur de France au Tchad, par leur virulence même, ont quelque chose de surprenant.

 

Je ne sais pas ce qu’est l’organisation « Arche de Noé ». Je ne connais ni ses statuts, ni sa politique, ni ses modes d’action, et ce que j’en entends dire me semble suspect. Quant à savoir si ce qu’elle a entrepris est illégal ou non, je ne tiens pas à me prononcer à ce sujet : à la justice de le faire.

Pour autant, cette précaution d’usage prise ne m’interdit pas quelques interrogations et rapprochements. Tout d’abord, on a entendu parler de trafic d’enfants à destination de familles en mal d’enfants, puis de pédophiles. Ensuite, ce soir même, sur le JT de France 2, on voit ces enfants pleurer et le président Déby tenter de les réconforter. Enfin, on entend les propos de condamnation, fort peu diplomatiques, de l’ambassadeur de France. D’un côté comme de l’autre, on manie l’émotion du public, fort peu éclairé sur les agissements des uns et des autres. Je crois, qu’en des temps plus reculés, et puisque scandale il y a, on aurait été beaucoup moins loquaces, plus circonspects… et nous, grand public, n’en aurions rien su. Le grand mérite de la transparence est donc là, qui met en lumière des actions de « barbouzes » de l’humanitaire et, tout autant, la vigilance gouvernementale, sensible aux question des droits de l’homme, surtout quand elle ne s’expose pas sur son territoire – du moins à ce qu’on voudrait nous faire croire. Je crois que c’est aussi tout le mérite d’un gouvernement que de se montrer si vigilant : il aura tout lieu de dire combien il se sent responsable de sa mission. On touche là à la morale, à la moralité d’un personnel politique sans reproche. Et puisqu’il est responsable, il lui sera alors facile de dénoncer l’irresponsabilité des membres de l’ONG, partis au Tchad « récupérer », « kidnapper », en tout cas trafiquer avec des enfants, dont on ne sait s’ils sont orphelins ou non. Mais il me semble que c’est là que le coup monté de l’ONG en question devient un tremplin pour une manipulation du pouvoir lui-même. Si l’autre, quel qu’il soit, ONG, syndicat gesticulateur, opposition politique qui se divise, est, par le pouvoir lui-même, déclaré irresponsable, celui qui l’énonce est, de ce fait, auréolé d’une image éthique favorable, juste, et donc très responsable. Il était, sous cet aspect, assez instructif d’entendre Mr Sarkozy dire aux cheminots syndiqués en grève : « Je ne peux pas croire que vous êtes à ce point inconscients de la réalité. Il faut qu'on cotise plus longtemps même si c'est pas marrant à entendre ». Il aurait pu dire « à ce point irresponsables ». De même, la protestation fort peu diplomatique de Rama Yade revenait à dire : « Je ne peux pas croire que des ONG soient à ce point inconscientes. Mais puisque l’une d’entre elles l’a été, moi, au nom de l’éthique de la responsabilité, je vais être responsable et consciente pour deux voire pour plus ». On pourra certes me dire qu’il ne s’agit pas des mêmes problèmes. On pourra toujours dénoncer une forme de cynisme auquel je m’exercerai. Why not ? Il n’empêche que tout cela m’amène à penser que la dénonciation en irresponsabilité a ceci de significatif qu’elle consiste aussi à museler toute tentative de protestation de la part des différents destinataires : bonnes consciences humanitaires plus promptes à réagir qu’à agir, gesticulations syndicales qui, fortes du jusqu’auboutisme de leur porte-parole, sont ainsi discréditées. En fait, nous voilà bien avertis, un peu comme dans la lettre de notre Président aux formateurs : la parole gouvernementale est seule apte et digne à dire ce qui est le juste et le responsable. Toute autre proposition est indécente ; toute opposition est irresponsable. En somme, dénoncer la manipulation sert celle, voilée d’un drap de moralité, d’un pouvoir qui n’entend pas laisser d’autres voix que la sienne s’exprimer.